Quand Remstar a racheté TQS, il y a quelques semaines, beaucoup de questions se sont posées quant à l’avenir de la troisième station généraliste de la province. Mais personne n’avait envisagé que l’on mettrait la clef sous la porte du service de l’information en septembre, jetant ainsi à la rue 270 journalistes, caméramans et techniciens.
Les départs successifs du grand patron de la chaîne René Guimond, du vice-président information, affaires publiques et sports, Réal Germain et dernièrement de l’animateur vedette Jean-Luc Mongrain, avaient pourtant de quoi mettre la puce à l’oreille.
L’information régionale guillotinée
Par ce geste-choc, Remstar porte un dur coup à la diversité de l’information au Québec déjà sérieusement malade. Alors qu’à Montréal c’est 40% du personnel qui sera mis à pied, au Saguenay, en Estrie et à Québec c’est l’hécatombe. Résultat : plus de bulletins de nouvelles à partir du 2 septembre. Les frères Rémillard se seraient mis d’accord avec Pierre-Karl Péladeau pour tuer l’information régionale, et surtout dans la Capitale, qu’ils n’auraient pas fait mieux.
L’annonce a provoqué une levée de boucliers sans précédent de la part du monde journalistique, mais aussi politique. L’Assemblée nationale promet de plaider la cause du service de l’information du mouton noir au CRTC. C’est lui qui ultimement devra donner son accord au projet de Remstar, puisque la licence d’exploitation de la station l’oblige à offrir de l’information en tant que chaîne généraliste.
Un moyen de pression de mauvais goût
Les frères Rémillard ont donc réussi où Pierre-Karl à échouer : mobiliser le gratin politique, lui faire prendre conscience que l’information québécoise est malade. Peut-être, l’annonce d’aujourd’hui n’est-elle qu’une stratégie pour forcer les gouvernements et le CRTC à réfléchir plus longuement à la demande des réseaux généralistes concernant les redevances des câblodistributeurs.
Depuis plusieurs mois, Radio-Canada, TVA et TQS (pour une fois dans le même bateau) réclament au CRTC de pouvoir bénéficier des redevances versées aux câblodistributeurs au même titre que les chaînes spécialisées. Des chaînes qui grignotent autant les cotes d’écoute que les revenus publicitaires autrefois réservés aux réseaux généralistes.